Grâne: Publications de Robert Serre et ses ouvrages collectifs traitant de l'histoire grânoise et drômoise

Présentation de la création par Robert Serre et d'autres historiens Drômois du site web:"musée virtuel de la Résistance"

Le DVD de Robert Serre et d'une équipe plurielle vient de sortir.

 

 

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Vendredi 22 Novembre 2013 au CRA de Grâne à 18 heures, présentation "officielle"par Robert Serre du 3e tome de l'Histoire de Grâne, un village entre guerre et paix, 1900-1950. Environ 250 pages format 16 x 23 ; plus de 250 photos d'époque
Ce sont évidemment les deux guerres mondiales, avec leur cortège de morts et de souffrances, suivies de difficiles efforts de rétablissement, qui marquent ce demi-siècle commencé dans l'insouciance de la "belle époque".

Dédicace par R Serre de "Un village entre guerre et paix", les photos ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Robert SERRE: DE LA DRÔME AUX CAMPS DE LA MORT
La Drôme ne disposait jusqu’alors d’aucun ouvrage recueillant les souvenirs de déportés, ni d’aucun mémorial inventoriant les victimes des effroyables transports vers les camps.
Le recensement de 869 déportés, dont 140 femmes – Drômois ou arrêtés dans la Drôme – encore imparfait certainement, constitue une base documentaire de première importance qui ne demande qu’à se compléter, s’enrichir, se corriger. Ce sont des déportés raciaux – Juifs pour l’essentiel, qui mourront presque tous atrocement – en application de la doctrine et des dispositions racistes des nazis et des gouvernants de l’État français, ou « politiques » – opposants au nazisme et au régime de Vichy, Résistants par la parole, l’écrit, l’aide au maquis, ou par les armes, otages capturés sans ménagement par vengeance…
Se fondant sur les témoignages oraux et écrits de déportés, de leur famille, d’observateurs, l’auteur suit pas à pas le parcours de la déportation. La rafle rapide et brutale ou l’arrestation souvent consécutive à une dénonciation, l’enfermement dans les prisons et camps français jusqu’au transport dans les wagons à bestiaux, s’achevant sous les coups de schlague et les morsures des chiens à l’arrivée. L’objectif hitlérien est de transformer tout être humain des « races inférieures » en stuck (pièces d’une machine) qu’on ne connaît plus que sous le numéro matricule cousu sur sa tenue de bagnard. Il sera exploité jusqu’à épuisement, en particulier dans les usines-tunnels abritées des bombardements alliés, et on récupèrera même ses dents en or, ses cheveux, sa graisse et ses cendres pour en faire des engrais
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La survie dans les camps est marquée par l’entassement, la promiscuité, la faim, le froid, la saleté, les poux, les maladies insoignables, les appels interminables, les bastonnades meurtrières et les pendaisons présentées en spectacles exemplaires et dissuasifs, le travail éreintant dans des conditions inimaginables, la brutalité, le sadisme des SS et des kapos choisis parmi les bandits et les tueurs déportés, la difficile lutte pour conserver sa dignité, établir et entretenir la solidarité, garder des survivants. Résister, c’est rester homme, se laver, c’est s’appuyer sur une conviction religieuse ou politique pour se donner une furieuse envie de survivre, c’est partager en sacrifiant un bout de sa maigre pitance pour sauver un camarade, c’est refuser ou saboter habilement, mais non sans risque, la fabrication de bombes et de fusées qui tomberont sur les amis…
E n 1945, quand les Alliés progressent à l’est comme à l’ouest, les déportés sont évacués vers le cœur de l’Allemagne, à pied ou en wagons découverts, sans nourriture, dans le froid glacial. Les nazis se font plus nerveux et éliminent tout traînard encombrant, tout détenu inutilisable. Ce sont alors de terribles hécatombes dont ne survivront que les plus chanceux.
La libération met néanmoins des milliers d’êtres n’ayant plus qu’un souffle de vie à la charge des armées de libération. Le trop lent retour aboutit enfin à l’arrivée au « pays » rêvée depuis si longtemps, mais qui nécessitera encore des soins au corps et à l’âme avant de parvenir à une réintégration laborieuse, dans un monde qui a aussi souffert et qui admet difficilement les atroces récits des déportés. Il faudra pourtant faire savoir…

appareil pratique : un glossaire, une riche bibliographie, une chronologie comparative et les index des personnes et des lieux cités
Environ 400 pages format 17 x 24 cm
Plus de 200 éléments iconographiques, le plus souvent inédits : photos de déportés, de camps …, dessins de déportés, cartes et plans, graphiques.

Aperçu du contenu:

Avant-propos
Liste des 869 déportés nés, résidant ou arrêtés dans la Drôme
Nom, prénoms, sexe, date et lieu de naissance, profession, résidence, date et lieu d’arrestation, motif, date et lieu de déportation, matricule, transfert(s) éventuel(s), date et lieu de décès ou de libération, sources de ces informations. Liste des lieux de déportation et abréviations utilisées. Sources.
La déportation, doctrine et législation : Qui sont les déportés raciaux et politiques ? Le monde des camps : le système concentrationnaire. Les camps de Montélimar et Crest facilitent la déportation
Arrestations et rafles de Juifs : la grande rafle du 26 août 42, celle de février 43 malgré l’opposition des Italiens, Saint-Rambert-d’Albon, Nyons, Valence, Montélimar…
Les réactions aux rafles, l’indignation grandissante des Drômois, la position des Églises, le soutien de la population, la résistance des Juifs
Arrestations et rafles de non Juifs : Les grandes rafles d’opposants politiques, de Résistants, d’otages : Romans, région de Vercheny, Charols, Cléon-d’Andran
Toutes les formes de Résistance sont frappées : L’Estellon et Nyons, Le Grand-Serre, Valence, Saint-Uze, Nyons, Taulignan, Die, Tain, Saint-Vallier, La Roche-de-Glun… la Résistance civile.
Quelques exemples d’arrestations de Résistants notoires ou anonymes.
Les incursions et l’attaque finale sur le Vercors, les infirmières de la grotte de la Luire,
L’internement en France (Eysses, Montluc, Drancy, Compiègne…) : Les « politiques » en prison, le « parcours » de Roger Algoud. Première étape de beaucoup de Drômois : Montluc.
Le regroupement à Romainville ou Compiègne-Royallieu, à Drancy pour les Juifs
Le début de l’enfer : le transport : les wagons « 8 chevaux, 40 hommes ». Les souffrances du transport. Les convois de femmes. Les sept Drômois évadés du train.
Juillet 1944 : le « train de la mort ». Août 1944 en Drôme : le train égaré, le  « train fantôme »
Les camps, l’univers concentrationnaire : À l’arrivée, la schlague et les chiens. Un être humain devient un numéro. La quarantaine.
Les sept grands camps de déportation et leurs milliers de satellites. Concentration et extermination à Auschwitz-Birkenau et Maïdanek. Neue Bremm et le Struthof, camps de passage. Les camps où les Drômois sont transférés : Dora, Gross Rosen, Bergen-Belsen
Travailler, survivre, mourir : Le travail ne rend pas libre : les corvées, les kommandos extérieurs, la construction de pistes d’aviation, routes, voies ferrées, bases sous-marines, les carrières… Au service des industriels allemands. Les tunnels camouflent des usines d’armement.
La vie et la mort dans les camps : les baraques, les châlits, l’appel, la faim, le froid, la saleté, l’hygiène, les maladies, le Revier. Les « expériences médicales ». La mortalité.
La déshumanisation et l’extermination : Transformer les hommes en choses. la promiscuité, le mensonge. L’encadrement par des détenus de droit commun, les kapos. La surveillance, la discipline, la répression, les brutalités, la torture.
Les moyens d’extermination : tuer est permis et même recommandé. Les pendaisons. Les sélections. La chambre à gaz. Le four crématoire. Récupérer les sous-produits des cadavres.
La Résistance dans les camps : Organiser la solidarité. Garder sa dignité. Tout faire pour survivre et témoigner. Refuser de faire des armes allemandes. Saboter. Les organisations clandestines de Résistance.
La libération et le retour
Les évacuations, les marches de la mort. Les hécatombes des derniers jours, la tragédie de la baie de Lübeck, Sansbostel… La libération des camps. Un groupe de femmes libérées par la Croix-Rouge. Le retour des déportés, l’hôtel Lutetia, sanas et centres d’accueil.
Démarches et espoirs fous des familles de ceux qui ne reviennent pas
L’impossible réintégration dans le monde « normal ». Faire connaître l’horreur
Chronologie. Glossaire. Notes et références des sources. Liste des témoins. Bibliographie. Remerciements
Index des personnes citées, des communes citées. Table des matières

 

Publications de Robert SERRE

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Grâne, histoire d’un village du val de Drôme, autoédition,

Tome I, Des origines à 1800, 256 pages, 1992.

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Tome II, Le XIXe siècle, 256 pages, 1993.

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Robert SERRE a effectué de longues recherches, dans les archives officielles, mais aussi familiales, sur le passé de sa commune, recherches qui ont débouché sur la publication d’une monographie historique en deux volumes, une histoire simple de gens ordinaires, mais pas une simple énumération de faits plus ou moins pittoresques. Les événements sont replacés dans leur contexte géographique et dans l’histoire nationale. L’étude a été menée minutieusement sur l’évolution démographique de cet échantillon au 18 e et 19 e siècles, sur les modes de vie, les conditions de travail, etc.

 Dans le tome I, Robert Serre raconte avec talent, émotion et humour, l'histoire de Grâne, des origines à Napoléon Ier. Des « villas » gallo-romaines à la défense de la République, en passant par les guerres du Moyen Âge et la vie quotidienne sous l'ancien régime, c'est un étonnant récit, alerte, minutieux, attentif à la vie des gens, particulièrement des plus humbles.
Aussi, cette monographie communale exemplaire doit-elle passionner aussi bien les Grânois que les historiens professionnels et tous ceux qui s'intéressent au passé.

Dans le second volume, nous voyons le vieux village du val de Drôme s'éveiller lentement, de 1800 à 1900, à la vie moderne. Sur la toile de fond des difficultés de l'économie et de la vie quotidienne, des problèmes municipaux, se détache en rouge et noir l'épopée de décembre 1851, mais « le clocher, orphelin de son église, continue à égrener les heures et à défier le temps ».

Dans cet ouvrage, comme dans le précédent, Robert Serre associe l'expérience pédagogique du directeur d'école et la pratique administrative de l'ancien adjoint au maire de Grâne à l'érudition et à la patience du chercheur passionné d'histoire, ouvert aux méthodes les plus modernes. Il exploite avec précision une riche matière puisée aux meilleures sources dans les fonds communaux, départementaux, nationaux mais il a eu aussi le rare mérite d'intéresser les Grânois à ses recherches et de recueillir dans les archives familiales de précieux documents inédits.

Ce beau livre, clair, bien écrit, agréablement présenté et illustré – une monographie exemplaire, passionnée et passionnante –, mérite de retenir l'attention de tous les amateurs de notre riche passé régional et au delà, celle des historiens du XIXème siècle, soucieux de scruter les entrailles de la France profonde.

En vente chez l’auteur, Robert SERRE, Les Auches, 26400 GRÂNE au prix de 27 € le volume.

1851 : dix mille Drômois se révoltent, l’insurrection pour la République démocratique et sociale,

éd. Peuple Libre / Notre Temps, Valence, 2003. 400 pages format 17 x 24 cm. 175 documents, souvent inédits.

Paris, 2 décembre 1851. Le jour n’est pas encore levé. Louis Napoléon Bonaparte, président de la République, lance les opérations d’un coup d’État qui va lui permettre, en toute illégalité, de rester à la tête du pays et d’approcher son rêve : égaler son oncle et accéder au trône impérial.

Quelques jours plus tard, dans nos villages de la Drôme, le tocsin sonne, le tambour bat, des milliers de Drômois, dont la colère montait depuis trois ans, se révoltent et marchent à la conquête des lieux de pouvoir, armés de vieux fusils de chasse, de fourches, de bâtons et de faux emmanchées à l’envers. Des morts et des blessés marqueront les accrochages, en particulier lors des batailles de Crest et de Saint-Marcel-lès-Sauzet. Partout, ce sera l’échec. Les insurgés, pourchassés en plein hiver, s’entasseront dans les prisons drômoises et la tour de Crest, puis subiront sans pouvoir se défendre de terribles sanctions. L’envoi dans les bagnes et forteresses, en Guyane, à Toulon, à Belle-Île-en-Mer, en Algérie, engendrera d’âpres souffrances, et souvent la mort.

Pourquoi ces hommes et femmes se sont-ils révoltés ? Pourquoi ont-ils échoué ? Cet échec a-t-il été définitif ? Telles sont les questions majeures qui se posent à l’étude de cet événement.

L’insurrection de décembre 1851 et ses suites constituent un épisode majeur de l’histoire de la Drôme. L’émeute a été une des plus déterminées et des plus meurtrières de France, la répression des plus vigoureuses, enfin la mémoire s’en est marquée par l’ancrage politique du département et par un des très rares monuments français commémorant cet événement : la statue de l’Insurgé à Crest.

Sur la demande du comité pour la restauration de la statue de l’Insurgé à Crest, et afin de sensibiliser les personnes et organismes appelés à contribuer à la souscription, Robert SERRE avait publié en 1991 deux brochures Les insurgés de Crest, Crest au cœur de la révolte, de la répression et du souvenir, 32 pages, et Et ils emmanchèrent les faux à l’envers, quelques épisodes de l’insurrection de 1851 autour de Crest, 48 pages, encore en vente auprès de la Société des Amis du Vieux Crest. En 2003, après un long approfondissement du sujet, il a présenté cet ouvrage qui concerne l’ensemble du département de la Drôme et constitue une somme prenant en compte les dernières découvertes sur les hommes et les événements

En vente à Peuple Libre, 2 rue Émile Augier, 26000 VALENCE au prix de 38 €

 

 

Ouvrages collectifs :

Roger PIERRE, Jean-Pierre BERNARD, Claude MAGNAN, Jean SAUVAGEON, Claude SEYVE, Michel SEYVE, Robert SERRE :

240 000 Drômois, la fin de l’Ancien Régime, les débuts de la Révolution, 307 pages, éd. Notre Temps, 1986. 28,20 €.

240 000 Drômois aux quatre vents de la Révolution, 312 pages, éd. Notre Temps, 1989. 29,73 €.

240 000 Drômois de Robespierre à Bonaparte, 304 pages, éd. Notre Temps, 1996. 29,73 €.

Près de 1 000 pages sur les Drômois pendant la Révolution. Un exemple unique en France d’étude menée pendant 14 ans par le Groupe de Recherche, d’Étude et de Publication sur l’Histoire de la Drôme (GRÉPHiD) portant sur l’ensemble de la période révolutionnaire.

Préfaces et post-faces de Michel Vovelle, ancien titulaire de la chaire d’histoire de la Révolution française à la Sorbonne, ancien président de la Commission de la recherche historique du CNRS, membre de la Commission internationale d’histoire de la Révolution, et de Jean Nicolas, professeur à l’Université de Paris VII.

Les trois volumes réunis : 78 €, auprès de Notre Temps, 30 Grande Rue, 26000 VALENCE.

Les Drômois sous Napoléon, 400 pages, éd. Notre Temps, décembre 1999. Préface de Jean-Paul Bertaud, professeur émérite de l’Université Paris I.

À plusieurs reprises au cours de l’histoire, la trajectoire de Napoléon Bonaparte a emprunté les chemins drômois. Nous l’avions rencontré, tout jeune officier d’artillerie, en garnison à Valence. Le voici en octobre 1799 rentrant au galop d’Égypte, à peine retardé à Montélimar par une crue du Roubion, pressé de s’emparer d’un pouvoir qui s’offre à lui. En avril 1814, au contraire, c’est le souverain déchu d’un empire effondré qui emprunte en sens inverse la vallée du Rhône, en route vers l’exil de l’île d’Elbe.

Les « Drômains » ont-ils accepté, ou subi, le nouveau maître de la France ? Comment ont-ils vécu les mutations imposées ? Les mesures de retour à la paix civile, religieuse et militaire du début du règne, quel écho ont-elles eu, si loin du pouvoir central ? Nos compatriotes si généreux à s’enrôler en 1791 et 1792 furent-ils enthousiastes, résignés ou hostiles, face aux multiples levées d’hommes nécessaires pour entretenir des guerres qui n’en finissaient pas ? Et quelles furent les répercussions sur la société, sur l’économie locale, sur la démographie et la santé, sur les multiples situations de la vie de tous les jours, des mesures prises en haut lieu, des choix politiques exercés, de l’ouverture de marchés nouveaux ou de la disparition des courants traditionnels d’échange ?

Cet ouvrage tente d’apporter des éléments de réponses à toutes ces questions, il essaie aussi de comprendre comment, et pourquoi, le population, qui avait accueilli souvent avec espoir et soulagement l’effondrement du régime impérial, se trouva, un an plus tard, à acclamer le retour de « l’Usurpateur » !

En vente au prix de 29,73 € auprès de Notre Temps, 30 Grande Rue, 26000 VALENCE.

Je suis mouton comme les autres, 1914-1918, lettres, carnets et mémoires de poilus drômois et de leurs familles, 504 pages, éd. Peuple Libre et Notre Temps, octobre 2002. Préface de Rémy Casals, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Toulouse-Mirail

L'histoire des combattants de la Grande Guerre ne doit pas négliger les écrits laissés par les acteurs. Aux qualités d'observation, nos témoins ajoutent une forte capacité de réflexion. Dirons-nous encore que le simple soldat ne sait voir la guerre qu'au ras de la tranchée, après cette phrase de Louis Chaléat, dès novembre 1914 : « Ce sera, je le crois, le plus qui pourra résister en vivres qui aura la victoire »?

L'équipe qui a réalisé ce livre a atteint l'objectif de rassembler en abondance des textes inédits. Il a même été nécessaire d'opérer des choix, en respectant l'esprit et le ton de chaque témoignage. Nous disposons des éléments de compréhension indispensables, précisions sur les auteurs (âge, formation, métier, famille) et sur leur position dans la guerre (arme, fonction, grade et responsabilités). Ce livre permet une étude comparée des risques encourus.

L'autocensure du combattant écrivant à sa famille se trouve ici fréquemment. Entre hommes, on peut évoquer la souffrance et l'horreur. Mais, précise Victorin Fournet à son beau-frère : «Tâche de ne pas l'écrire [à la maison] : il s'en ferait trop de mauvais sang. Il vaut mieux que tu gardes tout pour toi. Je suis en train d'écrire une carte à Yvonne. Mais je lui parle de rien de la guerre.» Cependant, l'émotion brise parfois les barrages : « Ceux qui ont été tués au début ont eu rudement de la chance car ils n'ont pas eu la souffrance que nous avons eue » (Louis Chaléat à sa femme, juin 1915).

Le livre peut être abordé de trois façons, distinctes ou imbriquées. Une première lecture pourrait être «drômoise». Les documents fourmillent de renseignements sur la vie locale, les combattants aiment retrouver les amis « du pays », avec eux « causer un peu l'argot du pays ». On échange les nouvelles des gens «du pays » dans des correspondances riches d'informations sur les activités agricoles, les pratiques, les relations de voisinage. « Tu me diras dans ta prochaine lettre si les bœufs ont porté et si vous avez charrié les gerbes, en un mot tu me raconteras ce qui se passe au pays » (L. Chaléat).

Une deuxième lecture peut privilégier l'émotion. Avec, toujours, le poids de la séparation, de l'incertitude et de l'angoisse, et, parfois, au bout la mort ou l'amputation. La guerre introduit une violence inhabituelle. Les normes sont bouleversées. On tue et on se fait tuer.

Enfin, la lecture atteint un autre niveau quand on a le souci de situer les témoignages dans le contexte et l'évolution chronologique, dans leurs convergences et leurs contradictions.

Les pensées profondes des combattants sont souvent inexprimées par écrit pour ne pas accroître l'angoisse des familles ou pour échapper à la censure du courrier. Le discours caché vient au jour dans les carnets personnels. Mais le lecteur attentif en découvrira des traces dans les lettres. Les « on en a plein le dos » pourraient être répertoriés, ainsi que les comparaisons avec un bétail maltraité et soumis. Des aspirations à la révolte, quelques descriptions de mouvements de refus y figurent aussi.

Ces niveaux du discours ne sont pas nettement distincts dans les textes. Ils sont mêlés. Les situations sont diverses, les hommes évoluent, l'ambivalence des sentiments est quelque chose de bien établi. En mars 1915, Gabriel Thivolle-Cazat exprime sa confiance en la victoire ; en novembre, il note : « Que ça finisse donc comme ça voudra, mais que l'on rentre chez soi […] Et personne ne dit rien : ça vous révolte. Mais que puis-je faire, moi seule ? » se demande la femme de Louis Magnan (janvier 1916). Il ne reste à son mari qu’à continuer à souffrir. « Puisque je suis mouton comme les autres », ajoute-t-il, désespéré.

En vente à Peuple Libre, 2 rue Émile Augier, 26000 VALENCE au prix de 35 €.

 

Vincent GIRAUDIER, Hervé MAURAN, Jean SAUVAGEON, Robert SERRE :

Des indésirables, les camps d’internement et de travail dans l’Ardèche et la Drôme durant la Seconde Guerre mondiale , 480 pages, éd. Peuple Libre et Notre Temps, 1999. Préface de Denis Peschanski, chargé de recherche au CNRS (Institut d’histoire du temps présent),

Après la publication de plusieurs articles présentant leurs travaux, les auteurs livrent le fruit de plusieurs années de recherches sur ces camps bien oubliés par la mémoire collective. Les témoignages, devenus rares, ont été complétés par les archives des communes, des départements, de Grenoble, Marseille, Paris, dont l’accès leur a été ouvert par dérogation ministérielle, et les archives allemandes de Bonn et Berlin.

Dans la France devenue « terre de camps », l’échantillon géographique que constituent la Drôme et l’Ardèche rassemble la quasi-totalité des types de camps et de personnes internées au cours de cette période, non par décision de justice, mais sur une simple mesure administrative qu’aucun délit ne justifie. Ce travail présente donc un intérêt qui dépasse largement le cadre de nos deux départements. L’étude réalisée est particulièrement fouillée et l’essentiel est inédit. Il en est ainsi par exemple des dizaines de déportés vers Auschwitz (Birkenau), Maïdanek, Mauthausen… prélevés dans ces camps ou Groupements de Travailleurs Étrangers (GTE) : la plupart étaient ignorés et ne figurent ni dans les listes données par les ouvrages publiés à ce jour ni sur les plaques apposées dans les lieux de mémoire. Peu de choses étaient connues, et souvent de manière très superficielle, sur les conditions d’internement de tous ces gens dans des locaux de fortune. Le temps passant, il était urgent d’en éclaircir l’image et de la fixer.

Les internés sont des civils français ou étrangers (14 nationalités dans le GTE de Crest, au moins 16 dans ceux de l’Ardèche), considérés comme « suspects », « douteux » ou « indésirables » à cause de leur ethnie, de leur religion ou de leur appartenance politique ou idéologique supposée : Espagnols ayant fui le régime franquiste ; ressortissants des pays ennemis comme le peintre Max Ernst qui passe à Loriol et Largentière ; militants antinazis originaires du Reich, souvent déjà en lutte dans les Brigades internationales et dont certains, parmi les survivants, poursuivront leur combat après s’être évadés ; vieillards, infirmes ou malades transférés des grands camps et amenés dans les centres-hôpitaux de Saint-Agrève et Alboussière ; communistes, syndicalistes et pacifistes français internés à Loriol ou Privas (Chabanet) ; Arméniens raflés au sein des importantes colonies de la région et intégrés dans l’organisation Todt qui les emploiera à construire le mur de l’Atlantique ; travailleurs étrangers emprisonnés à Largentière, Vinezac, Le Cheylard, Saint-Jean-Chambre, Chomérac, Montélimar ou regroupés dans les GTE de Saint-Vincent-de-Charpey et Crest, dans la Drôme, et divers lieux de l’Ardèche pour fournir à bon marché une main-d’œuvre de substitution ; personnalités politiques considérées comme responsables de la défaite et embastillées à Vals-les-Bains ; Juifs raflés constituant à Crest, Alboussière… des réservoirs toujours prêts pour le départ, via Drancy, vers les camps d’extermination.

Certains de ces internés, après une évasion, entreront dans la Résistance et y joueront souvent un rôle considérable par leur expérience du combat et la force de leurs convictions. Plusieurs iront jusqu’au bout de cet engagement et le paieront de leur vie.

L’ouvrage fait apparaître la continuité entre la troisième République finissante et le régime de Vichy récupérant au profit de son idéologie la réglementation et les structures mises en place ou renforcées par ses prédécesseurs. On y découvre la complexité de la législation en matière d’internement et son aggravation progressive, la grande diversité des méthodes et des établissements d’enfermement dans ces deux départements apparemment sans histoire, éloignés des frontières et peu marqués par une population étrangère ou juive.

L’ouvrage contient une abondante et riche iconographie, plans et cartes indispensables, graphiques, nombreux documents et photos d’époque retrouvés chez des particuliers,… Y figurent les références complètes des sources utilisées et des index des noms de personnes et de lieux cités.

Dans ce livre, qui bénéficie d’une préface de Denis Peschanski, l’un des plus grands spécialistes de ces questions, Robert SERRE étudie particulièrement l’accueil et l’hébergement des réfugiés espagnols dans le Diois et la vallée de la Drôme en 1939, et le 352 e Groupe de Travailleurs Étrangers de Crest.

En vente à Peuple Libre, 2 rue Émile Augier, 26000 VALENCE au prix de 30,18 €

Autres publications

La tour de Crest, forteresse et prison, brochure de 72 pages de Claude Huot et Robert Serre::

- le site, l'évolution de la propriété seigneuriale et du complexe castral,
- description générale de la tour, son évolution architecturale,
- les usages de la tour,
- la visite de la tour (35 pages),
- plan, documents d'époque, photos.

Prix public: 10€ - en vente à la tour, à l'office de tourisme, en librairie et dépôts de presse.

 

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